Hockey «mineur» en France

Les jeux de Sotchi, meilleures olympiades d’hiver pour les Français avec 15 médailles, se sont clos aujourd’hui par la finale de hockey masculin. Si les Canadiens ont remporté le tournoi haut la main, les Français, eux, n’avaient même pas réussi à se qualifier. Leur dernière participation au tournoi olympique remonte maintenant à 2002, à Salt Lake City.

Personne ne s’en étonne, vu la difficulté de développer une équipe compétitive dans un pays où le hockey est détrôné par à peu près tous les sports imaginables. Selon la Fédération française de hockey sur glace, il y a environ 20 000 licenciés en France, un nombre à des années-lumière du football (2,1 millions), mais aussi très loin de la pétanque (310 000) ou même du… char à voile (92 000).

Selon le site web d’Eurosport, le hockey reste «mineur» en raison d’un «déficit de moyens» :

Les Français souffrent bien sûr de leur faible présence en NHL, le plus grand championnat de la planète, même si les meilleurs d’entre eux occupent souvent des postes clés dans les grosses ligues européennes. Et des insuffisances d’une Ligue Magnus, la compétition nationale, toujours entre deux eaux, qui remplit de petites patinoires, passe peu à la télé et ne possède pas assez de clubs dans les grandes agglomérations pour élargir son audience et ses recettes.

Cela dit, le hockey français montre aussi quelques signes encourageants… Après Cristobal Huet, seul Français ayant remporté la Coupe Stanley, les fans peuvent maintenant suivre le parcours d’Antoine Roussel, un jeune attaquant des Stars de Dallas... «made in» Roubaix.

En mai dernier, les joueurs français ont surpris tout le monde en battant la Russie, ce qui place aujourd’hui l’équipe nationale au 12e rang mondial de l’IIHF.

Enfin, le pays organisera les Championnats du monde 2017 avec l’Allemagne. Une occasion en or de se qualifier pour les prochains jeux, en Corée du Sud.

22. février 2014 par Pierre
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Charte : l’exemple français

Malek Chebel

Malek Chebel

Dans le débat sur la Charte des valeurs québécoises, la laïcité française est souvent évoquée. Malheureusement, on entend rarement parler de ce modèle via les premiers concernés, à savoir les Français eux-mêmes ou, mieux, les minorités religieuses de l’Hexagone. Pourtant, l’interdiction du port de signes religieux dans les écoles et services publics les concerne depuis déjà longtemps.

Cette semaine, sur les ondes de RDI, Anne-Marie Dussault a eu la bonne idée d’interviewer l’anthropologue et philosophe Malek Chebel. La (trop) courte interview est disponible ici, à la fin de l’émission. En voici un extrait :

Le problème du voile est derrière nous. Je pense que les musulmans et musulmanes ont compris que l’interdiction des signes ostentatoires n’est pas contre l’islam. Ce n’est pas une discrimination de l’islam lui-même. C’est parce que, en France, on estime que le tissu social, le respect de la laïcité, le respect des règles républicaines, sont plus importants que le respect personnel et exclusif de telle ou telle communauté.

Est-ce l’opinion de tous les Français et Françaises qui doivent se conformer à ces règles ? Difficile à dire, mais peu de voix semble s’élever ici contre ces interdictions, qui refont surface occasionnellement dans l’actualité (voir ici et ici), sans faire l’objet d’une réelle remise en question.

Toutefois, en septembre dernier, quand le ministre de l’Éducation nationale présentait une charte qui réaffirme les principes de la laïcité et l’interdiction des signes religieux à l’école, le président du Conseil français du culte musulman, Dalil Boubakeur, y allait d’un bémol :

Je suis un grand partisan de la laïcité, donc je ne peux que saluer l’affichage d’une telle charte dans l’école de la République. [...] J’incite tous les musulmans de France à la respecter strictement. [...] Mais je perçois aussi dans ce texte un regard oblique sur l’islam, notamment le passage sur l’interdiction du port de signes ou de vêtements. On voit très bien à qui il s’adresse, je crains [...] de voir les musulmans de France stigmatisés dans leur ensemble et que cette interdiction ne soit perçue comme trop brutale.

Quoiqu’il en soit, si on leur tend un micro, les croyants et croyantes qui vivent au quotidien le «modèle français» peuvent apporter un éclairage intéressant dans le débat qui secoue le Québec.

09. février 2014 par Pierre
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Le génocide rwandais à la cour d’assises de Paris

Pour la première fois, la France a ouvert hier un procès contre un responsable du génocide rwandais. Pascal Simbikwanga, arrêté en France en 2008, est aujourd’hui accusé de complicité de génocide et de crime contre l’humanité. Ex-chef militaire sous la présidence de Juvénal Habyarimana, dont l’assassinat, en avril 1994, avait été le prélude au massacre de 800 000 Tutsi, il aurait distribué des armes aux milices et donné des ordres à ces dernières.

Depuis 20 ans, plusieurs pays européens ont jugé des tortionnaires rwandais, mais pas la France. C’est l’une des raisons qui ont longtemps nourri les mauvaises relations entre le Rwanda et la France, accusée par Kigali de protéger les bourreaux Hutu.

En 2006, le gouvernement rwandais avait carrément coupé les relations diplomatiques après qu’un juge français ait accusé des proches du président Kagame d’être responsables de l’attentat d’avril 1994. Les relations sont aujourd’hui rétablies, mais restent fragiles.

L’année dernière, dans une interview à Jeune Afrique, Martin Ngoga, procureur de la République du Rwanda, critiquait encore l’indépendance de la justice française :

En dix-huit ans, la France n’a jamais rien fait concernant les suspects de génocide. Pourquoi ? Parce qu’elle protège encore les génocidaires.

Les militaires français ont quitté le Rwanda en décembre 1993, quelques mois avant le génocide. Ces derniers ont laissé la place à la Mission des Nations Unies pour l’assistance au Rwanda (MINUAR), dirigée par un certain Roméo Dallaire… En 2004, dans les pages du Figaro, le général canadien était lui aussi très critique envers la France :

Ils avaient connaissance de ce qui se passait dans les structures militaires. Ils étaient tout à fait informés qu’il se tramait quelque chose qui pouvait conduire à de grands massacres.

La justice française aura peut-être été lambinante, mais 27 dossiers de Rwandais en sol français sont aujourd’hui en instruction. Le procès de Pascal Simbikwanga est un premier procès tardif, mais il ne devrait donc pas être le dernier.

05. février 2014 par Pierre
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Vote du non-cumul des mandats

L’Assemblée nationale a entériné aujourd’hui l’une des promesses phares de François Hollande lors de sa dernière campagne présidentielle : le non-cumul des mandats.

En France, 60% des députés et des sénateurs exercent aussi une fonction locale, chose évidemment impossible au Québec. C’est pour cette raison que les politiciens français ont souvent des CV bien garnis, cumulant, par exemple, les titres de maire de leur commune et député à l’Assemblée nationale, à Paris.

Cela donne lieu à des cas ubuesques, comme celui de Michel Delebarre, révélé champion du cumul des mandats par Le Parisien. Ce socialiste occupe 24 mandats et fonctions en plus de celle de sénateur du Nord et maire de Dunkerque ! Difficile de croire qu’il accorde le temps nécessaire à chacun de ses postes…

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La fin de cette particularité française peut sembler aller de soi, mais les 225 députés ayant voté contre le projet ont aussi leurs arguments. Ceux-ci arguent notamment que cette loi va couper les parlementaires de la réalité du terrain…

Quoiqu’il en soit, il y aura des centaines de remplaçants à trouver au cours des prochains mois et prochaines années. Un grand bouleversement politique et démocratique.

 

22. janvier 2014 par Pierre
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Un président «social-démocrate»

Déception pour les amateurs de potins (et la presse étrangère). Lors de ses traditionnels voeux à la presse, hier après-midi, François Hollande s’est peu confié sur ses déboires conjugaux. Aujourd’hui, on sait seulement que lui et Valérie Trierweiler vivent des «moment douloureux».

Le président a promis plus de précisions d’ici sa visite aux États-Unis, le 11 février. En attendant, d’autres hebdos s’emparent du sujet, certains annonçant même déjà la séparation du couple présidentiel

Mais cette conférence très attendue, c’était aussi celle d’un président qui se dit aujourd’hui… «social-démocrate», terme inédit pour la gauche française. Entre diminution des dépenses publiques et éloge de l’offre et de la production, le chef socialiste a piqué le vocabulaire de ses adversaires de droite.

Est-ce que la gauche n’aurait pas à se préoccuper de l’offre ? Est-ce que la gauche, ce serait une caricature d’elle-même ? En disant, voilà, nous, on va augmenter les impôts, on va creuser les déficits, on va alourdir la dette ? Ce serait ça, une politique de gauche ?

Pour relancer l’économie et diminuer le chômage, le président mise particulièrement sur un «pacte de responsabilité». En gros, les entreprises qui embaucheront seront récompensées… par une diminution de leurs charges fiscales.

À ce sujet, le journaliste de La Presse Francis Vailles publie justement, aujourd’hui, une excellente comparaison entre le système fiscal de la France et celui du Québec. Si on constate que l’impôt sur le revenu est sensiblement le même pour les particuliers québécois et français, on découvre à quel point il en est tout autrement pour les entreprises :

Ce sont surtout les charges sociales imposées aux entreprises qui sont beaucoup plus importantes en France qu’au Québec. Dans l’Hexagone, les entreprises doivent verser l’équivalent de 32,5% d’un salaire d’un million d’euros pour les allocations familiales, l’assurance maladie et la retraite d’État, entre autres. Au Québec, en comparaison, ce taux est de 4,54%!

Outre ce «pacte de responsabilité», voici trois autres engagements importants évoqués hier :

  • Une réforme territoriale qui vise à transférer des compétences aux régions, dont le nombre (22) pourrait diminuer. Le but étant de décentraliser un pays jacobin à l’opposé de la décentralisation canadienne.
  • Un projet de loi sur la fin de vie. Le président n’a cependant pas prononcé les mots «euthanasie» ou «suicide assisté». Le sujet est sensible. La débat sera-t-il aussi passionné que pour le mariage homosexuel ?
  • La poursuite de l’intervention en Centrafrique, qui s’avère maintenant beaucoup plus compliquée que prévu sur le terrain.

Voilà de quoi occuper François Hollande et son gouvernement en 2014. Pas trop le temps pour les histoires de coeur…

15. janvier 2014 par Pierre
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