Percée locale du Front national

Quelques mois après les Québécois, les Français étaient conviés hier à leurs élections municipales. Ce scrutin «de liste» se déroule en deux tours et ses modalités changent selon la taille de la commune (un processus plutôt complexe, mais bien expliqué par les «patates» du Monde).

Le fait marquant de la journée, c’est la percée historique du Front national. Le parti s’est hissé au premier rang de ce premier tour dans plusieurs villes importantes : Béziers, Fréjus, Perpignan, Avignon… La mairie d’Hénin-Beaumont, commune ouvrière de 26 000 habitants au nord du pays, a même déjà été ravie à la gauche par le frontiste Steeve Briois (ci-dessus) avec un peu plus de 50% des voix.

Les partis devaient obtenir plus de 10% des voix pour passer au deuxième tour, qui aura lieu le 30 mars. Le Front national y est parvenu dans 330 mairies sur 595 qu’il briguait. Après ce record pour son parti, Marine Le Pen a prédit la fin de la bipolarisation gauche-droite.

Mais le Front national s’impose-t-il vraiment comme la troisième force politique du pays ? Sur Slate.fr, le journaliste Jean-Marie Colombani tempère et suggère d’attendre le deuxième tour :

Soit les listes Front national présentes gardent leurs voix: on aura alors affaire à un vote d’adhésion, comme le dit Marine Le Pen, à un vote FN, à un vote anti-tout, anti-système, anti-élite, anti-euro, tout ce qu’on voudra… l’un des éléments du vent de populisme qui souffle sur toute l’Europe. Soit les listes FN présentes au second tour perdent leur substance et une partie non négligeable de leurs voix se reportent sur l’UMP: on sera alors dans le cas de figure d’un vote sanction contre le gouvernement.

En attendant ce deuxième tour, plusieurs alliances se préparent entre les partis de gauche. L’inquiétude est telle au sein de la famille politique que Jean-Marc Ayrault invite à un «front républicain». Il s’agit d’une union de la gauche et de la droite, du PS et de l’UMP, pour freiner le Front national. Une alliance exceptionnelle qui s’était produite en 2002, lorsque Jean-Marie Le Pen s’était faufilé au deuxième tour de la présidentielle.

Aussitôt lancée, l’appel du premier ministre a été rejetée par l’UMP

24. mars 2014 par Pierre
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