Un président «social-démocrate»

Déception pour les amateurs de potins (et la presse étrangère). Lors de ses traditionnels voeux à la presse, hier après-midi, François Hollande s’est peu confié sur ses déboires conjugaux. Aujourd’hui, on sait seulement que lui et Valérie Trierweiler vivent des «moment douloureux».

Le président a promis plus de précisions d’ici sa visite aux États-Unis, le 11 février. En attendant, d’autres hebdos s’emparent du sujet, certains annonçant même déjà la séparation du couple présidentiel

Mais cette conférence très attendue, c’était aussi celle d’un président qui se dit aujourd’hui… «social-démocrate», terme inédit pour la gauche française. Entre diminution des dépenses publiques et éloge de l’offre et de la production, le chef socialiste a piqué le vocabulaire de ses adversaires de droite.

Est-ce que la gauche n’aurait pas à se préoccuper de l’offre ? Est-ce que la gauche, ce serait une caricature d’elle-même ? En disant, voilà, nous, on va augmenter les impôts, on va creuser les déficits, on va alourdir la dette ? Ce serait ça, une politique de gauche ?

Pour relancer l’économie et diminuer le chômage, le président mise particulièrement sur un «pacte de responsabilité». En gros, les entreprises qui embaucheront seront récompensées… par une diminution de leurs charges fiscales.

À ce sujet, le journaliste de La Presse Francis Vailles publie justement, aujourd’hui, une excellente comparaison entre le système fiscal de la France et celui du Québec. Si on constate que l’impôt sur le revenu est sensiblement le même pour les particuliers québécois et français, on découvre à quel point il en est tout autrement pour les entreprises :

Ce sont surtout les charges sociales imposées aux entreprises qui sont beaucoup plus importantes en France qu’au Québec. Dans l’Hexagone, les entreprises doivent verser l’équivalent de 32,5% d’un salaire d’un million d’euros pour les allocations familiales, l’assurance maladie et la retraite d’État, entre autres. Au Québec, en comparaison, ce taux est de 4,54%!

Outre ce «pacte de responsabilité», voici trois autres engagements importants évoqués hier :

  • Une réforme territoriale qui vise à transférer des compétences aux régions, dont le nombre (22) pourrait diminuer. Le but étant de décentraliser un pays jacobin à l’opposé de la décentralisation canadienne.
  • Un projet de loi sur la fin de vie. Le président n’a cependant pas prononcé les mots «euthanasie» ou «suicide assisté». Le sujet est sensible. La débat sera-t-il aussi passionné que pour le mariage homosexuel ?
  • La poursuite de l’intervention en Centrafrique, qui s’avère maintenant beaucoup plus compliquée que prévu sur le terrain.

Voilà de quoi occuper François Hollande et son gouvernement en 2014. Pas trop le temps pour les histoires de coeur…

15. janvier 2014 par Pierre
Catégories: Économie, Politique | Laisser un commentaire

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